Accès à l’eau à Bordeaux : un an après, la situation se dégrade encore

 

Dans un contexte de crise sanitaire sans précédent, les points d’eau défectueux n’ont pas été réparés. De nouvelles fontaines hors d’usage s’ajoutent même à la liste.

 

L’été dernier, alors que la canicule battait son plein, nous nous étions interrogés sur les moyens mis en place par la municipalité, en particulier pour accompagner les plus fragiles. Nous avions alors sillonné la ville pour répertorier les différents points d’eau en fonctionnement. Sur les 75 points d’eau référencés, 29 ne fonctionnaient pas ou étaient hors de portée. Surtout, dans les quartiers du centre-ville et de Bordeaux sud, là où les plus démunis ont l’habitude de trouver refuge, 56% des points d’eau étaient hors service, inaccessibles ou introuvables.

Un an après, où en est-on ?

La crise sanitaire que nous venons de traverser et qui n’est pas encore terminée a accru la fragilité de celles et ceux qui étaient déjà dans des situations personnelles, économiques et sociales délicates. Pendant cette période, des membres de Bordeaux Maintenant ont participé à diverses actions de solidarité sur Bordeaux et la Métropole. Nous avons pu constater, aux côtés des associations présentes sur le terrain, à quel point les difficultés de subvenir aux besoins vitaux, déjà grandes au quotidien pour les personnes vivant à la rue, ont été exacerbées pendant le confinement. La perspective de grosses chaleurs estivales fait craindre des situations de détresse catastrophiques pour les semaines à venir.

Nous nous sommes donc de nouveau remis en route pour faire le tour des points d’eau de la ville.

Ce sont désormais 30 fontaines qui sont hors d’usage ou introuvables (nous n’avons pas tenu compte dans notre recensement des points d’eau situés dans des lieux temporairement inaccessibles en raison des mesures sanitaires, en jaune sur la carte). Dans le détail, ce sont sensiblement les mêmes points d’eau qui ne fonctionnaient pas l’année dernière qui ne sont pas en meilleur état d’usage cette année. Cet état de fait interroge fortement sur l’action de la municipalité envers les plus démunis, d’autant plus en temps de crise.

Certes, le contexte sanitaire impose des mesures de prudence et les points d’eau publics peuvent être vecteurs de contamination. La nécessaire sécurité ne doit cependant pas occulter l’urgence de pouvoir subvenir à ses besoins vitaux. La réhabilitation des fontaines hors d’usage pourra ainsi se faire en parallèle de désinfections régulières. En complément, la Ville tout comme la Métropole pourraient, en lien avec les associations, proposer la distribution de gourdes d’eau, permettant un accès à l’eau sécurisé, dans le respect des gestes barrières.

Une fois encore, nous regrettons que l’aide aux plus démunis ne fasse pas partie des priorités de l’équipe municipale actuelle.

 

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